Je suis etonne de ne pas en avoir parle plus tot ici pour etre honnete car c’est un sujet qui me tient vraiment particulierement a coeur.
Tout comme il n’existe pas une seule verite dans la vie, la culture d’une entreprise est la lentille par laquelle l’entreprise voit le monde et fait ses choix. Cela va de comment traiter ses employes aux choix strategiques pour l’avenir de l’entreprise.
Il y a trois piliers a considerer pour chaque entreprise:
- Ses resources (qui travaille pour elle, l’equipement et sa situation financiere actuelle)
- Ses valeurs (sa culture, instrument analytique et decisionnaire)
- Ses procedes (facon d’utiliser les resources pour produire quelque chose de plus grande valeurs en accord avec ses valeurs)
Lors d’une start-up, chaque personne a une importance cruciale pour la reussite de l’entreprise, bien plus que les valeurs et les procedes (car comment gagner n’est pas encore clair, c’est une phase d’apprentissage et de decourverte). Comme de la pate a modeler, la culture ainsi que les procedes ne sont pas bien definis.
Mais une fois que ses valeurs et procedes sont bien en place, les resources humaines prennent un role secondaire. Certes, on aimerait croire qu’on peut faire la difference mais ce n’est que rarement le cas car les valeurs de l’entreprise et ses procedes sont des forces bien plus puissantes.
Des preuves? Il n’y a qu’a se ramasser pour en prendre. Regardez, Blizzard a perdu presque tous ses personnes clefs (depuis l’epoque de Warcraft 2), ca ne l’empeche pas de sortir hit apres hit. Car la recette de leur succes est ancree dans les valeurs et procedes de l’entreprise.
EA a pleins de personnes qui quittent et joignent l’entreprise chaque annee sans que EA change vraiment.
D’ailleurs, EA est un exemple super interessant car ils sont justement dans la merde a cause de leur valeurs et procedes et c’est pas pret de s’arranger malgre leur immense resources.
Leur passage de premier a deuxieme editeur mondial n’a donc pas vraiment ete une surprise pour moi et je ne pense pas que ca aille en s’ameliorant pour eux les pauvres.
Allez hop, je vais expliquer comment ca marche lorsqu’on est gros dans ce monde et je vais prendre EA comme exemple car ca m’amuse et qu’ils meritent de se gauffrer comme tous ceux qui font preuve de tant d’arrogance face a leur success (du passe).
L’histoire des entreprises est bourres de cas similaires, donc j’ai pas trop a me forcer les meninges pour appuyer ma these, je vous laisse vous y essayer en commentaire
La phrase a retenir ici est que chaque entreprise utilise ses valeurs pour choisir les resources a utiliser pour appliquer ses procedes.
Dans le cas d’EA, l’image simplifiee est: j’achete une licence, je mets pleins de developpeurs dessus et je cree un jeu/une suite vite fait qui se vend a foison. C’est simplifie mais pas tant que ca non plus en fait. C’est leur model economique et ca marchait bien (jusque la).
Applique au sport, ca donne donc: avoir les noms des joueurs et sortir une suite tous les ans.
Lorsque l’ombre d’une manace sur leur business est apparut il y a quelques annees avec “ProEvolution” qui pourrait recuperer les licenses des joueurs laissant a FIFA un gameplay vide, EA a reagit comme n’importe qui l’aurait fait a sa place en essayant de proteger son model economique. C’est ainsi qu’EA a achete a coup de millions des exclusivites avec les federations de sport pour utiliser les noms des joueurs.
Malheureusement pour eux, le protectionnisme n’a toujours ete qu’une solution temporaire.
D’un autre cote, les joueurs se plaignent du manque d’innovation (ce qui ne fait PAS parti de la culture d’EA; ce qui veut dire que ce n’etait pas un facteur de reussite suffissant a l’epoque ou la culture d’EA s’est forgee) et les licenses commencent a s’essoufler (et le prix de celles-ci montent car EA n’est plus le seul a utiliser des licences).
EA est donc force d’acheter des studios pour renouveller ses licences et faire des suites de succes, comme Criterion avec Burnout, Digital Illusions avec Battlefield, voir Harmonix avec Rock band…
En bref, le model economique d’EA est menace et il y a fort a parier qu’il ne tiendra des dizaines d’annees encore.
Resultat evident, le prix des actions est tombe pour la premiere fois en 10 ans il y a 2-3 ans. Consequence logique, “Pop!”, c’est le bruit du patron qui perd sa place de chef (indicateur de changement de strategie requise).
Bon c’est pas grave ils ont qu’a changer de tactique me direz vous. Hola mon ami, ca serait sous-estimer gravement la force qu’exerce les valeurs d’une entreprise sur son activitee.
Pour vous en donner l’exemple, essayons de nous mettre dans les bottes d’EA pour les pitchs (projet de jeu).
Les pitchs d’abord ne sont pas propose par les executifs (les big boss en haut), mais par le middle management (ceux entre grouillots de base et big boss).
Un jour, deux pitchs a financer arrivent et seul un va gagner le financement (car faut tout de meme selectionner/prioriser tous les projets). On propose donc:
1 - Une suite a un jeu qui s’est vendu a 10 millions d’exemplaire sur la prochaine generation de console
2 - Un jeu au succes non prouve sur une platforme moins bonne technologiquement.
Y’a pas besoin d’etre un geni pour deviner ce qui va etre favorise. EA a des couts enormes d’infrastructure, il lui faut beaucoup de vente pour etre rentable et la solution 1 va etre automatiquement preferee. Il est important de noter que les idees sont filtrees a tous les etages de la hierarchie (de celui qui propose a celui qui promulge le projet a ceux qui prennent la decision ou l’influence). Donc les chances de voir un jeu original et innovant etre finance et termine en interne sont ultra minces lorsqu’un nieme Burnout est propose a la place.
Notez bien toutefois que j’ai utilise les valeurs d’EA pour poser ce choix, pour une autre entreprise, la problematique pourrait se poser autrement, comme ca par exemple:
- Faire un jeu PS3
- Faire un jeu Wii
La Wii etant de base une technologie disruptive, elle n’a aucune chance d’etre en phase avec les valeurs de EA (pour ca que EA a favorise la PS3… a tord au vue des ventes). Ils depenseront plus d’energie a faire des adaptations d’autres console sur Wii que de vrai jeux utilisant le potentiel de la Wii.
Bref, voila la force des valeurs d’une entreprise.
Alors que les resources et procedes permettent generallement de determiner ce que l’entreprise peut faire, sa culture determine ce qu’elle ne peut pas faire et innover ne fait pas partie des valeurs d’EA.
Pour les deux du fond qui me retorque que EA innove car ils font spore… Je leur retorquerait de regarder quel projets la division marketing de EA supporte le plus, surement pas Spore. C’est presque Will et la presse toute seul qui font la promotion de spore. Spore en tant que projet innovant n’entre pas dans les valeurs d’EA, Spore II oui si le premier marche.
Bon, faut pas prendre EA pour des cons non plus, ma petite analyse de supermarche a surement deja ete faite par les big boss de EA, mais ils semblent sous-estimer la force des valeurs d’entreprise.
En 2006, EA annonce un changement de strategie pour creer plus de licences en interne (inserer rire sarcastique ici) car ca commence a couter cher de negocier des licences a Hollywood ou acheter des studios a succes.
Du coup, plusieurs innitiatives ont ete lancees: Black (FPS) et PODO (qui devait etre une sorte de pokemon sur PSP…). Bon, vous voyez le choix en haut? Voila, j’ai toujours pas vue de PODO sortir (au dernieres nouvelles, cela avait ete relaye sur Nintendo DS). PODO a bien recu des financements (car fallait creer des nouvelles licences en interne) mais a connu de gros problemes de developpement, car l’entreprise n’etait pas derriere et les resources ont ete bouffees au profit de projet qui entraient plus dans les valeurs d’EA (Black). Bref, aucune surprise la encore.
Oui EA a des resources immenses, mais cela ne l’aide pas si le procede d’allocation de resources (critere de selection) est toujours aligne sur l’ancien model (car les valeurs decident a tous les etages, et pas qu’a celui des big boss, donc il ne suffit pas que le boss disent maintenant c’est comme ca).
Alors comment on change de procede et de culture me direz-vous? Ha, c’est la ou ca devient drole: le moyen le plus sur est encore de creer une autre entreprise. Toutes tentative d’avoir deux procedes et valeurs differentes en interne est vouee a l’echec. Et cela serait stupide de tourner le dos d’un coup au model economique actuelle qui rapporte des milliards.
Changer c’est possible, mais c’est comme se battre contre la gravite (tres tres dur et tres tres long), mais encore faut il que le model economique actuel ne marche plus pour en ressentir le besoin (et ce n’est pas le cas!). Donc oui, EA est dans la m… a long terme. Les big boss savent leur model economique vieillissant et sentent le besoin de changer mais il rapporte encore beaucoup et demande toute leur attention pour le maintenir et proteger.
Pour moi la seule chance est de lancer d’autres extension de l’entreprises (genre EA Casual, EA Fun game… ) qui soient totallement independantes de EA au niveau des resources, voir carrement lancer de nouvelles boites (independantes d’EA). Pogo.com je pense est comme ca d’ailleurs.
A ne pas confondre l’achat de boite par EA d’ailleurs. Lors d’une aquisition, EA est principallement interesse par les resources (personnes et licences), pas par la culture ou les procedes. Donc oui, lorsqu’EA achete une boite innovante, elle perd sa capacite d’innover graduellement. Il ne peut pas subsister deux cultures differentes dans la meme entreprise.
On l’a vue avec Origin Systems (Ultima online), Digital Illusions (Battlefield), Criterion (Burnout, Black)… ces studios sont assimiles et finissent par disparaitre ou rester en tant que marque sans plus rien a voir avec “l’esprit” d’origine. C’est normal, elles n’ont pas garde leur independence, donc elles fusionnent.
Vue comment EA s’est plante sur la Wii, ils ont d’ailleurs ete tente de corriger le coup en achetant un studio qui faisait de la Wii, mais ce qui fait que les jeux Wii marchent est incompatible (pas directement) avec la culture d’EA, du coup l’operation avait aucune chance de marcher a moins que l’entreprise reste totallement independante, mais ce n’est pas dans la culture d’EA.
Ubi soft qui garde son independance a pu elle conserver son pouvoir d’innovation et se debrouille sur Wii elle.
Lorsqu’on sait qu’une des phrases qu’on apprend par coeur en rentrant a EA etait: Etre la premiere entreprise de divertissement au monde. Ca fait sourire, c’est numero 2 a present et va falloir revoir sa copie ![]()
Ce que tu dis est tellement vrai. Actuellement je suis face à certains choix consécutif à la création de ma société, et les choix que je vais faire maintenant seront déterminant pour la culture de la boite car même s’il est possible par la suite de changer son mode de fonctionnement vu le nombre limité de salarié, certaines étapes sont déjà formatées de manière à ce que la productivité soit optimisé au max.
Par exemple que faut il utiliser pour la conception de l’architecture du jeu? UML, RUP, SCRUM? Combien de pages pour un high concept? Quelle méthodologie de travail? Comment formater un budget? en fait le paradoxe c’est que j’ai toujours cru à tort que les projet formatait la chaine de prod mais en fait c’est la chaine de prod en place qui formate le projet.
Pour ma part quand j’ai un doutte j’utilise un joker qui traine par ici, mais il n’est pas sur que sa méthologie puisse etre adapté ni compatible avec la logique de ma société.
Pour ton exemple sur EA il y a un exemple particulier qui peu etre interessant de mettre en avant, c’est celui d’Apple. Steve Jobs a crée l’ame d’Apple au niveau gestion de l’entreprise. Puis Apple a dégagé Steve Jobs et s’est planté. SJ est revenue et la logique de l’entreprise a repris le dessus avec le succès que l’on sait. Actuellement tout le monde parle qu’Apple devient un Microsoft à part entière mais les deux ont une culture d’entreprise tellement differente que je pense que c’est une connerie de voir les choses sous cet aspect. Sans doutte la puissance de SJ dans Apple est lié à la culture de la boite qu’il a inculqué presque de manière sectaire à ses employés et qu’en fait il est devenu lui-même un élément de sa propre politique d’ou sa position inamovible ce qui n’a pas été le cas de Woz. Par contre j’aimerai que tu poursuive ton analyse avec Nintendo car comment ont ils fait eu pour modifier la culture de leur entrprise et leur logique ? même si dans le fond ils sont resté à faire la même chose…
Bah, pour Nintendo (comme pour Apple), c’est pas dur ils avaient deja perdus et tout le monde pouvait le constater. Changer est moins difficile lorsque les problems sont bien installes, qu’on est dans la m… et tout le monde est conscient que les valeurs actuelles ne marchent plus.
C’est changer la culture alors qu’il n’y a pas (encore) de probleme qui releve de l’exploit.
Jack Welch (General Electricity) a fait un super travail de fond a ce sujet mais ca lui a demande des annees pour y arriver et je pense pas que EA soit sur cette voie.
Pour les choix que tu soulignes, ce sont des choix de production, pas de culture. La culture c’est ce que tu vas employer pour faire ces choix.
Par exemple, si dans les valeurs, la rapidite de production est vitale, utiliser UML ou autre ne sera seulement choisit dans l’optique de satisfaire ces valeurs.
En d’autres termes, si ca ralenti le procede ca sera abandonne de lui meme car cela ne satisfait pas les valeurs de l’entreprises. Si on sait a l’avance que cela va ralentir, cela ne sera meme pas considere. Tu sais que ton entreprise n’est plus une start-up et a des valeurs bien ancrees lorsqu’elle fait ses choix d’elle meme independamment des personnes en place.
Ce que je voulais dire par choix de départ, j’ai synthétisé sur la techno car c’est l’ordre du jour des décisions à prendre et que la méthodologie peut importe laquelle à finir par créer une logique d’entreprise qui deviendra a terme la culture de celle-ci. Sinon si je suis ta logique la culture d’entreprise c’est quand on élimine le facteur humain de l’entreprise… Croque Mitaine va
“Sinon si je suis ta logique la culture dâ??entreprise câ??est quand on élimine le facteur humain de lâ??entrepriseâ?¦ Croque Mitaine va :D”
ben c’est un peu ça

Quand une entreprise est bien mise en place, il faut qu’elle puisse fonctionner même s’il y a bcp de changement niveau rh. Si la boite se plante parce qu’une seule personne s’en va (un lead machin se fait écraser par un tractopelle), soit c’est n’importe quoi, soit c’est Apple
De manière très pragmatique je me dis que j’aurai atteind ce stade la quand je pourrai partir en vacances sans me préocuper de ma boite
Je pense que la situation actuelle chez EA est plus compliqué qu’il n’y parait et qu’il doit y avoir une lutte actuellement entre un Riticiello qui a compris que la boite devait évoluer et que le milking de licence avait ses limites et un état major rempli de gens qui ne voient pas pourquoi et/ou qui se sentent menacés par le changement.
Les récentes acquisitions et surtout la façon dont elles sont rattachés à EA prouve que John a bien compris qu’il faut faire différent. Genre ils ont rachetés une boite qui a tendance à pouvoir créer de l’IP plutot costaud tout en sachant exploiter de l’IP existante de façon intelligence ; en l’occurence je parle de Bioware. De surcroit si on regarde la boite ne devrait pas être intégré dans la structure existante d’EA mais être rattaché directement assez haut histoire d’isoler Bioware de la culture EA.
Maintenant c’est sur la durée que l’on va voir si c’est possible pour EA de revoir sa copie ou pas sachant qu’effectivement une redéfinition de la culture d’entreprise est un exercice périlleux.
Par contre vu que cela intéresse les gens ici, quand on monte une boite, définir la culture d’entreprise est vitale mais aussi compliqué. Car la culture se construit par les orientations que donne le dirigeant de manière aussi bien explicite qu’implicite et souvent on néglige l’implicite mais aussi par le recrutement et l’intégration des nouveaux surtout quand au départ il n’y a pas beaucoup de gens dans la boite.
Whirly : Je suis bien d’accord avec toi, le recrutement a une importance cruciale lorsqu’il s’agit de fonder cette culture qui servira de moteur. Sans cette base solide, toute évolution devient risquée. Mais ce qui me sidère c’est de constater à quel point certaines boîtes négligent totalement cet aspect une fois dépassé le stade initial, et fonctionnent à coups de 3/4 de turnover tous les cinq ans (et encore). Ils ne cherchent pas d’employés, ils cherchent de la chair à canon. Bien sûr, les cycles de developpement de jeux vidéo y sont pour quelque chose, mais vive l’évolution réfléchie sur le long terme quand même. Lorsque je vois certaines choses je me dis que j’ai eu pas mal de bol dans ma carrière (jusqu’à présent) d’être tombé sur des boîtes qui respectent le facteur humain.
Dreamler : à l’heure de l’email c’est pas une espèce en voie d’extinction le “facteur humain”?… Désolé je sors…
Drealmer : hmm chez EA eux c’était la stratégie du presse agrume à l’époque EA spouse… je ne sais pas si ça a changé.
De mon côté en 3 ans chez deux personnes qui ont quitté la boite ; la première pour fonder sa boite et la seconde pour rejoindre son amie sur Paris. Donc visiblement on est pas des ultimes salopards
Whirly : heureusement y’a encore des boîtes qui prouvent que le business est compatible avec le respect des personnes, que c’est ainsi qu’on attire et garde les gens talentueux et motivés, et qu’à terme ça paie. D’après ce que je peux en lire, je classe Creative Patterns dans cette catégorie. En plus, coder sur DS au pays du Crémant et de la flammekueche, c’est un peu le rêve. :)~ Suis jaloux.
Bah je dirais pas que je suis la boite ultime mais on travaille pour créer notre petit monde à nous, c’est pas toujours évident de se conformer à une certaine ligne de conduite tant certains raccourcis apparaissent tentant parfois. Et bon petit studio ça veut dire aussi qu’on a pas une situation gravée dans le marbre.
Néanmoins il faut bien voir un paramètre… sur les 100 dernières années le capitalisme est devenu beaucoup plus humains, surtout dans les relations entre les sociétés. Non pas parce que les patrons sont plus kiewl, mais simplement que les gens ont commencé à comprendre l’importance de la confiance pour établir rapidement de bonnes relations commerciales. Il suffit de voir les comportements d’achat des gens quand ils se sentent en confiance.
Par extension je pense que la politique de EA leur a déjà couté, par exemple en gens qui n’ont jamais présenté leur candidature parce que la boite ressemblait à une mine de sel. Après pour corriger cela il faut encore en prendre conscience et pour cela avoir une évaluation du coût.
Dans le cas de EA, c’est la fameuse affaire EA Spouse qui a fait exploser l’affaire, parce que d’un seul coup tous le monde a pu se rendre compte du déficit d’image que cela jetait sur EA.
Mais comme dit entre le constat et la correction, il y a le fossé de l’acceptation du changement enjambé par la passerelle du leadership éclairé.
Dans tous les cas tout est loin d’être évident. Par exemple nous sommes samedi et on a du boulot à faire pour lundi, en tant que patron ça me dérange pas plus que ça, mais comment faire en sorte que la pilule passe au vis à vis de mes employés? D’un côté je me dis que les faire travailler le week end sans compensation est un mal necessaire pour qu’il soit payer à la fin du moi et que la société n’a pas encore les moyens de faire autrement, mais à terme si la pratique devient courante ça risque de devenir un gros travers et l’on dira : dans cette boite tout le monde bosse le week end… Par conséquent les décisions les plus simple à prendre sont en général quand l’entreprise est en mesure de pratiquer les changement sans impact sur ces comptes financiers et c’est justement à ce momment que personne ne change rien….
Whirly :
“Mais comme dit entre le constat et la correction, il y a le fossé de lâ??acceptation du changement enjambé par la passerelle du leadership éclairé.”
Oh punaise, j’ai dû la relire 10x pour la comprendre celle-là . Le dernier coup que ça m’a fait ça c’était dans un livre sur les quaternions
Mais je rejoins ton point vue sur l’importance croissante de la confiance (Ã un niveau humain) dans les relations commerciales.
Pedro :
On a tous bossé des nuits et des week-ends en période de crunch. Dans l’idéal ça ne devrait jamais produire, dans la pratique on fait avec. Je dirais même que ça a parfois un côté motivant de sentir qu’on est tous en train de se donner à fond, l’esprit de groupe et d’entreprise, tout ça.
Mais clairement, si ça devient fréquent c’est mal engagé. Je pense que Fred Brooks appelait ça le “marines corps mindset” ou un truc du genre dans “The Mythical Man-Month” : “ici on en chie, c’est comme ça qu’on bosse, c’est pour ça qu’on est les meilleurs”. Ca marche un moment mais ça use à la longue, et c’est surtout c’est pas productif du tout. Bosser bien crevé, c’est le meilleur moyen de tout péter.
@Whirly: Oui voyons voir quel sera le prochain jeu de Bioware pour juger. Si Bioware a acces aux resources de EA alors c’est mort. Bref, je demande a voir.
La pression de Wall Street va probablement faire qu’ils vont devoir se reconcentrer sur ce qu’il savent faire (des licences), c’est trop tard, leur moteur de croissance s’est arretee et l’histoire montre que ce genre de moteur ne redemarre generallement pas a l’exception d’exceptions notable.
Ho sinon, ca a pas change depuis EASpouse, quoi qu’en disent la DRH de EA. Mais c’est pire en Amerique ou on peut te virer du jour au lendemain.
http://www.gamesindustry.biz/content_page.php?aid=30031
Tu me fait penser a une boite familiale. C’est sympa et bien adapte pour exploiter dans le jeu video, bon choix
ca a aussi ses defauts, mais bon tu dois en etre conscient.
@Pedros et aux autres, si vous arrivez au choix de faire bosser le week-end ou pas, c’est deja trop tard, quelquechose a merde en amont. Comme se dire, j’ai mal a la tete, je prends un cachet ou pas, c’est deja trop tard, vous avez mal a la tete.
C’est courant, hein, tous des charlots dans le jeu comme je disais
@Drealmer: les marines corps c’etait Lionhead, mais bon ca a change avec Microsoft, ca permet de sortir des jeux d’exceptions et de filtrer les glandeurs, mais la aussi ca a ses defauts et pas des moindres.
Sinon le facteur humain est perdu dans une equipe de plus de 20 personnes. Les procedes et valeurs prennent alors le dessus et les personnes sont remplacables. C’est pratique d’un point de vue resources (le projet est pas mis en danger par une personne), mais ca produit des jeux de pietre qualite puisque la valeur ajouttee dans le jeu video vient de ce que les gens mettent dedans, pas des procedes.
@Pedros: Je suis d’accord avec Jeremy, si tu te poses la question de comment tu vas demander à tes employés de bosser le week end, c’est trop tard, c’est que quelque chose à mal fonctionné. Mais bon, c’est tellement banal dans le monde du JV… Ce qui est sur, c’est que demander a tes employés de bosser le week end ne résoudra JAMAIS ton problème même si tu es persuadé du contraire. Peut être que tu finiras ce que tu as à faire pour lundi, mais c’est comme faire des crédits à la consommation, ca te parait super pour acheter le dernier frigo qu’il te faut demain sinon tu vas devoir jeter des aliments faute de place dans ton frigo actuel. Alors tu seras content, sur le coup, a court terme, d’avoir fait ce crédit. Et tu vas en faire un autre, un autre et puis jusqu’à l’endettement et la tu pourras déposer le bilan en te disant “franchement, j’aurais pu faire autrement, sans le grand frigo, et j’en m’en serais surement sorti mieux que ca”. Faire un crédit pour résoudre un problème local, c’est en paye les intérêts à vie… Combien de startup que je connais on pris cette solution de facilité du crédit (heure sup) et ont tout perdu…
@Jeremy, “Le facteur humain est perdu dans une équipe de plus de 20 personnes”. Je te l’accorde et Google l’a bien compris, c’est pour ca que toutes ses équipes sont composés d’une demi douzaine de personne. Et ca marche, on peut quand même faire des projets énormes et complexe, à condition de mettre en place des processus pour garder la qualités (review de code systématique par exemple). Et je ne vois pas pourquoi ca ne serait pas faisable pour faire des jeux vidéo. J’attends toujours l’entreprise qui aurait les “couilles” d’appliquer les méthodes de travail de Google dans le jeu vidéo, ce qui est sur c’est que ca ne sera pas une entreprise qui existe deja, exactement pour les raisons que tu exposes très bien dans ton ticket.
@Acemtp: ouaip, ca fait des annees (depuis 2002) que je milite pour des toutes petites equipes de pleins de gens a la place de projets de grosses equipes.
A “l’epoque” j’etais naif, j’ai meme pense pouvoir convaincre le boss d’EA europe. J’ai propose a la place d’avoir 80 personnes pour Harry Potter, d’avoir 4 Harry Potter de 20 personnes etale sur 2 ans. Mais comme dit plus haut y’a des forces plus fortes que les personnes a l’oeuvre et que seul un CEO peut modifier.
En parlant de couilles d’ailleurs, si j’avais fait ce que je disais a l’epoque et cree une boite pour ca, j’aurais peut etre domine la vague des casual games comme popcap (meme si y’a des chances que j’aurais plutot reproduit les schemas de gros jeux au final)
Mon besoin maladif de securite financiere personnel (peur de perdre mes economies) m’a toujours empeche de creer une boite, vraiment, quel dommage.
Bon là je vais peut être faire mon rabat joie à deux balles, mais utiliser google pour illustrer quoi que ce soit en process d’entreprise me parait être quelque chose de périlleux.
Google est leader d’un business model où l’argent tombe tout seul du ciel, ils ont une rente et avec cette rente tu peux faire n’importe quoi.
Le pire c’est que ces derniers temps, pour la gestion des ressources humaines, on balance tous le temps l’exemple google et ca a tendance à m’horipiler un peu.
Je ne dis pas qu’ils sont mauvais, je dis juste qu’ils sont dans des conditions suffisament spéciales pour pas vouloir généraliser leur exemple à tous le monde.
Dans un genre un peu différent, je pense que ce qui fait la qualité “Blizzard” c’est qu’ils ont réussi à se placer dans une posture où la qualité prime sur les délais. Et avec ça ils ont la bonne idée de pas vouloir faire des jeux en sortie simultanée avec un film
Pour ce qui est de leur résistance au turn over, je dirais juste que dans une équipe il y a rarement relation de causalité entre l’exposition médiatique et l’apport au projet.
Pour ce qui est du modèle familiale qui excelle pour exploiter les gens, je dirais juste que jusqu’à présent le taux de satisfaction des gens dans la boite est très élevé, qu’il n’existe pas de modèle qui compile tous les bons aspects sans aucun mauvais et que donc on fait avec.
Pour le coup de la création de boite, moi perso je suis la recette de Heroic Leadership avec le superbe passage sur l’indifférence.
“je dirais juste que jusquâ??à présent le taux de satisfaction des gens dans la boite est très élevé” c’est justement ca l’avantage, les employes s’en rendent pas compte!
Par contre j’ai entendu que Google c’etait aussi venir bosser le week-end, mais bon j’ai pas d’info concordantes sur google, on dirait une secte…
Ca doit être comme F4
Mais bon dans toute industrie où tu as des deadlines tu as des débordement d’horaire.
Dans notre cas précis, c’est un choix que personne nous a forcé à faire pour un choix pour le “greater good”… Je m’explique : J’ai un schéma simple : Je démarche client - Client dit ok mais veut proto pour signer - plus vite proto pret plus vite sousous dans la caicaisse. C’est aussi con que ça.
@Jeremy Chatelaine: Une boite ça va rien et ça coute que dalle à faire, il suffit d’avoir un bon plan de trésorerie derrière mais tu peux monter un studio de JV avec très peu de sous (j’en suis l’exemple vivant) sans pret société, ni crédit, ni cash flow….
T’as delocalise ta boite au cambodge et fais bosser des enfants?
Non avec des gens payés à un salaire normal et en France. ça parait si absurde ? Tu sais au début je pensais aussi qu’il fallait une fortune pour faire un studio de JV mais à force de réflexion je me suis rendu compte que l’important est d’avoir un “core team” motivé. Je ne vais détailler trop comment j’ai fait à cause notament de la visibilité du blog au vis à vis de mes clients mais je serai de te détailler ça par mail
Ah ben tient ça je vais le noter dans les bonnes résolutions 2008…
Delocaliser au Cambodge Whirly?
Ok Pedro, hesite pas si t’as l’occasion
Non je parlais du travail des petits nenfants.
http://www.gamesindustry.biz/content_page.php?aid=31907
Voila on a la reponse. Bioware est mort, ils ferront plus qu’un jeu original avant de sombrer dans les suites et/ou oublie.
“Two execs from each of BioWare and Pandemic have been named EA vice presidents and co-general managers of their respective studios.”
-> En gros ils perdent leur souvrainete
“All five will receive a hefty of common EA stock to the five in a combination of retention and performance incentives, amounting around 2.8 million shares in total.”
-> En d’autres termes ils vont etre soumis a la politique d’expansion de EA
Bioware est mort, y’a plus qu’a verser une larme pour eux.
@Whirly: Sauf que les gens ont tendances a oublier les origines de Google. Ca a commencé en startup, avec peu de moyen financiers et humains, un projet a finir pour demain, pas assez de delais, bref une startup classique. Et c’est justement la philosophie que les 2 fondateurs ont mis en place et défendu coute que coute qui a permis d’en arriver la ou ils sont. Est ce qu’ils auraient reussi si ils avaient suivi la facon de faire des studios de jeu video ou des editeurs? J’en doute serieusement.
Je suis aussi convaincu que meme si les 2 fondateurs de Google s’etaient lancé dans le jeu video, ils auraient aussi fait un massacre. Parceque c’est mecs sont brillants!
Dire que google est parfait? Pour y avoir fait des entretien d’embauche la bas, c’est pas le cas, c’est le cult du geek, des heures sup a gogo (mais faite avec plaisir par les geeks, sans etre forcé par son manageur) et faut aimer bosser dans une “usine” ou on est qu’un pion. Par contre, il y a tellement de bonne idée a reprendre que je comprend pas pourquoi ne pas l’utiliser.
@Pedro Guanaes: Si tu veux qu’on en parle, tu peux me dropper un mail, je suis sur paris, passé une demi douzaine d’années dans des startups de jeux video, acemtp at gmail com
Je dirai aussi que la culture d’entreprise c’est aussi important quand tu dialogues avec des prestataires ou des clients. Récement je me suis rendu compte que c’est pas forcément facile de faire travailler deux boites qui n’ont pas la même culture. Le paradoxe c’est pas que l’un ou l’autre ne bosse pas bien mais chacun a des règles et contraintes différentes qui ne sont pas forcément compréhensible par les autres société.
Par conséquent on doiy se poser la question si pour mieux travailler avec les autres (éditeurs, middlewares, prestataires…) on doit s’adapter à eux ou c’est eux qui doivent s’adapter à vous…
[...] comment ça se fait ? Parce que ces gars-là ont quasiement tous une vie après le travail… La culture d’entreprise y est sûrement pour quelque chose. Avec un turnover aussi bas, ce sont suûrement des gens qui [...]