Ce post aura mis du temps a sortir. Je suppose que c’est l’effet de debut d’annee ou il faut se remettre dans le bain apres une “longue” pause ou tout simplement car je passe beaucoup de temps sur mon jeu.
Pourtant j’avais commence a blogger peu de temps apres etre parti puisque j’avais commence l’ebauche de cet article a l’aeroport avant meme de partir en vacances en Suisse.
Puis faut dire, avec tous ces gens qui pense du bien de mon blog, j’ai la pression maintenant
En tout cas, je dois dire que le sondage et son resultat m’ont surpris.
Tout d’abord par le nombre de personne y ayant participe dans un delais de quelques jours mais aussi le choix du sujet gagant. Generallement, mes posts sur le management sont ceux qui generent peu de commentaires et ce sont egalement ceux dans lequel j’ai le moins d’experience de terrain en tant que practicien.
Certes le sujet me passionne, je me renseigne beaucoup dessus et j’ai eu beaucoup d’occasions de le voir en action, de le critiquer et de l’analyser, mais j’ai que peu pratique a temps complet dans le role meme de manager a plein temps. Donc on gardera ca a l’esprit tout au long de ce post.
Gageons toutefois que ce post ferra couler beaucoup d’encre usera les claviers car j’aurais presque pu l’intituler “les problemes dans le jeu video ne sont pas incurrable – 3″ et on sait a quel point cette serie est populaire ici hehe
Alors sans plus attendre, rentrons dans le vif du sujet et on va commencer tout de suite par ma definition du management la plus generale possible et d’entree, ca devrait mettre les choses au point:
Le management, pour moi donc, c’est l’art de faire que les autres puissent travailler a leur maximum d’efficacite.
Notez que je marque “puissent” et “efficacite“. Cette phrase somme tout petit comporte toutefois des notions tres importantes comme on va le voir un peu plus tard puisqu’elle definie a mes yeux le role d’un manager comme un role de support essenciellement et non de contremaître.
Bien souvent malheureusement cette definition du role est relaye au dernier plan au benefice de notions plus populaire telles que:
“faire que les gens travaillent le plus longtemps possible” et “faire que les delais soient respectes”, ou bien meme “mettre en place plus de procedes et de bureaucracie pour ralentir tout le monde”, voir dans certains cas: “s’assurer que le planning soit suivit peu importe le cout humain” ou “faire bosser toutes ces feignasses” pour les cas les plus extremes.
Bon autant le dire tout de suite on en voit des vertes et des pas mures dans le jeu video au niveau management. Les managers sont des charlots dans notre milieu.
J’ai vue des managers qui utilisaient du baton, j’ai vue des leads programmeur sans aucune motivation bacler un projet, des senior programmeurs pipotter leur manager en ce qui concerne le temps d’une tache et pleins d’autres cas d’incompetence majeur…
Lors de mon temps passe a Argonaut, j’ai travaille sur un jeu de jetski.
Tout le monde en conviendra rapidement, l’eau est un element essentiel dans un jeu pareil et le code d’affichage de l’eau avait besoin d’un gros changement.
Le programmeur 3D explique alors au manager que ca ne va pas et qu’il faut refaire l’affichage.
Conscient du probleme, j’ai plaide en faveur du programmeur car le code avait besoin de changer, j’ai meme suggere la technique pour le changer et il a obtenu 3 semaines au final.
Il etait super content et m’a dit qu’il avait pleins d’idees pour ameliorer encore le truc avec ci et ca.
Au final il a passe 2 semaines a glander, surfer et la troisieme semaine a code le truc de base pris d’un exemple dans un livre que je lui avais conseille en 3 jours.
Lorsque je lui demande ce qu’il a fait de toutes ses idees, la reponse a ete qu’il n’a pas eu le temps de les faire.
Alors on peut se dire que c’est la faute du programmeur, quelle grosse feignasse apres tout il avait 3 semaines. On peut aussi se dire que c’est la faute du manager qui est incapable d’etablir des objectifs de progression clair et visible de tous.
En jeu de role, on a coutume de dire que les bons maitres du jeu ont des bons joueurs, non pas parce qu’il les attirent mais parce que le maitre du jeu guide et forme les joueurs. Et non seulement je pense que y’a beaucoup de vrai la dedans, mais egalement que c’est applicable au management.
Au dela de l’histoire ou il est tres facile de blamer l’un ou l’autre (les arguments ne manqueraient pas dans les deux sens). Ce qu’il faut noter c’est que chacun est different et donc demande une approche et solution differente et qu’un bon manager peut faire la difference rapidement.
Mon principal grief vis a vis des managers dans notre industrie, ce qui a valu son titre a cet article, est qu’ils n’ont aucune formation de manager, ils le deviennent principalement sur le tas par evolution de carriere ou par opportunite et non par choix et fonction de leur capacite.
Cela ne nous viendrait pourtant pas a l’esprit de croire qu’on peut s’improviser psychiatre, manager c’est pareil. Ca demande un minimum de connaissance et de qualites.
Ma carriere a ete parsemée de mauvais managers. La plupart cumulaient aussi le role de producer ou de lead.
C’est une erreur frequente que j’ai constate a mainte reprises.
Pourtant y’a une enorme difference entre entre un leader et un manager et cela demande des competences bien distinctes. Moi meme j’en n’avais pas vraiment pris conscience avant de lire les 7 habitudes (voir plus bas pour reference).
Dit simplement, si le leader decide de l’objectif a atteindre, le manager fait que les travailleurs puissent l’atteindre a leur maximum d’efficacite. Decider d’ou aller demande des competences differentes de s’occuper de ceux qui vous permettent d’y arriver.
Pour ne citer que les principaux type de manager que j’ai eu:
A Lionhead chacun etait responsable de son travail sans vraiment qu’on ait un manager. L’avantage evident est que tout le monde etait responsable de la qualite de son boulot mais y’avait tout de meme pas mal de conflit de personnes qui auraient pu et du etre resolus: 3 sur une equipe de 20 c’est tout de meme 15% de l’equipe. Pas tres brillant comme bilan.
A Argonaut, la personne cumulait aussi le role de producer, une autre celui de lead programmeur (c’est generallement mieux accepte par les programmeurs, mais ca n’en fait pas un bon manager pour autant!!) et sur un autre projet c’etait quasi un exclavagiste posant chaque vendredi la meme question jusqu’a la fin du projet: “tu peux venir ce week-end?” Haha
J’ai decouvert le management a Argonaut. Olivier Goguel avait ete embache en tant que consultant en management technique.
J’ai rapidement sympathise et alors que je me plaignais de ma hierarchie manageuriale il a ironise en disant qu’Argonaut etait un cas typique du principe de Peter.
Principe de Peter: “Dans une entreprise on progresse jusqu’a son niveau d’incompetence”, ce qui veut dire qu’on progresse dans la hierarchie de l’entreprise jusqu’a ce qu’on soit mis dans une place pour laquelle on est incompetent et pour le coup on n’obtient plus de promotion et on reste a un poste ou on est incompetent. Le corollaire etant que toutes les hautes positions sont remplies par des incompetents.
Ca m’a bien amuse et pique mon interet pour le management, un monde que je ne connaissait pas vraiment et pour comprendre comment on peut faire mieux.
Jusqu’a present tous les exemples de management que j’avais connu s’assimilaient plus ou moins au role du gendarme ou pote (rien a voir avec du vrai management).
J’ai finallement du attendre d’arriver a EA pour voir un vrai manager en action. Autant le dire tout de suite c’est le seul bon manager que j’ai vue dans toute ma carriere, mais je tiens a preciser rapidement que ca n’a rien a voir avec EA en general, qui comporte egalement son lot interminable de charlots en management et d’ailleurs l’esclavagiste d’Argonaut a fini la bas aussi lorsque la boite a coule
Tony, c’est le nom du vrai manager, ne venait pas du monde des jeux video mais de celui des softwares et avait un MBA en poche depuis maintes annees. C’est grace a lui que j’ai pu voir le resultat de ce que peut faire un vrai manager.
Lorsque Tony a rejoint EA, il a mis en place tout de suite des reunions a deux (lui et une des personnes qu’il manage). C’etait des reunions de 30 minutes une fois toutes les deux semaines.
C’est tout bete dit comme ca, mais cela permet (et a permit) de desamorcer des conflits tres rapidement avant qu’ils ne s’enveniment.
Cela offre une bien meilleur visibilite au manager mais encore faut-il savoir ecouter (une des qualites les plus importantes d’un manager, si on ecoute pas, on ne peut pas comprendre).
D’autres managers a EA ont egalement trouve que c’etait une bonne idee, mais fallait voir comment c’etait applique. La ou les reunions etaient sense capturer les reflections de la personne, un des managers monopolisait tout le temps de parole. On se demande s’il y gagnait quoi que ce soit dans ses reunions puisqu’il n’y avait pas vraiment d’echange.
Manageur, c’est aussi participer a faire que l’equipe s’entendent bien pour pouvoir etre efficace (au point de vue de la repartition des resources humaine et de la communication entre equipe/groupe). La encore le manager a un role de facilitateur et non d’esclavagiste.
Je ne sais plus ou j’avais lu ou entendu ca et c’etait surement bien mieux racconte que moi mais j’ai trouve que c’etait un bon exemple.
Il etait tard et le manager apporte une tasse de soupe chaude a un employe, l’employe le remercie et lui dit qu’il ne faut pas s’embeter pour lui, qu’il a surment beaucoup a faire en tant que manager, le manager regarde alors la personne et dit: mais je suis en train de travailler.
Bon je signe et resigne, manager ne s’improvise pas et toute personne ayant lu Peopleware le sait.
Pourquoi alors n’a-t-on pas encore de vrai managers dans notre industrie? Des personnes proactive (qui agissent avant que les problemes n’arrivent), integres (de confiance sur qui on peut compter) et qui savent ecouter (pour trouver la vrai solution).
Vous admettrez que ce sont des qualites bien differentes de celles demandes sur un CV pour les posts de programmeurs, artiste ou meme testeurs qui pourtant deviendront par evolution de carriere manager.
C’est pourquoi pour moi, tant qu’on pensera que devenir manageur s’apprend sur le tas, on restera des amateurs et y’aura pleins de pots casses.
Mon opinion est que devenir manageur ne s’improvise pas sauf au detriment des personnes qui seront managees.
Tony m’a explique que chaque personne etait differente et demandait une solution differente. Il faut etre a l’ecoute pour pouvoir proposer la meilleur solution.
Je suis tres concentre sur des buts a atteindre alors que mon collegue etait plutot tres concentre sur l’execution de de taches. Alors lorsque j’ai du etre son lead, je me suis adapte et on a ecrit sur des petits cartons chaque tache a faire (un peu a la maniere d’XP) a chaque review pendant que moi je gardais la vision globale. Et merde j’ai cumule manager et lead
Au dela du role d’interaction sociale evident, le manageur a aussi des outils pour l’aide a la prise de decision pour eviter les decisions prises en fonction de la lune, ce qui est generallement bien mal percu par l’equipe (pourquoi cette decision et pas une autre? c’est du n’importe quoi).
Savoir prendre des vraies decisions demande du courage (car il, y a peu de chance que cela plaise a tous), mais un manageur incapable de produire de bons arguments objectifs pour soutenir sa prise de decision (cout d’opportunite, analyse des couts/benefices …) me laisse tres perplexe sur ses competences de manageur et remet en cause son integrite meme aux yeux de l’equipe…
Enfin, sachez qu’une decision meme mauvaise est meilleur que pas de decision.
Un dernier point que j’aimerais aborder est que certains croient que la solution se situe dans le type de technique de management qu’on utilise: waterfall ou scrum ou je ne sais quoi.
Waterfall etant un plan rigide (qui certes facilite les milestones foireuses et les heures sup) et SCRUM etant une methodologie Agile qui permet de corriger la course au fur et a mesure (comme XP).
Pour etre france, pour moi peu importe. Ce ne sont que des outils, et c’est celui qui manie l’outil qui fait la difference. Si c’est un charlot (comme on en a tellement), choisissez l’outil qui lui demande le minimum d’intervention… ha ben ca doit etre pour ca que SCRUM est populaire finallement
En conclusion, le role d’un manager est riche en mission et malheureusement la plupart sont delaissees aux benefices d’autres plus douteuses ou inappropriees. Certes il n’y a pas que les jeux videos qui en souffrent (je peux egalement en temoigner), mais je n’adherre pas a la fatalite des choses et je pense qu’on peut toujours faire mieux. Tant qu’on n’arrivera pas a faire que les futurs manageurs deviennent des vrais manageurs, on n’evoluera pas bien loin.
PS: J’ai fait un nouveau sondage qui va avec cet article et restera juqu’au prochain (j’aime bien l’idee d’avor un sondage avec chaque article). Ca permet de s’exprimer d’un simple clique
Resources et outil de management:
Cela faisait longtemps que je voulais faire une page avec tout pleins de diagramme de management que j’avais collectionne a droite a gauche.
Au dela de l’aspect un peu voudou de la chose, des fois cela permet de reflechir ou de mieux articuler ses idees… un dessin vaut bien 1000 mots comme on dit.
…Je vais donc scanner tout ca et mettre sur le site ce week-end et je retirerai ce commentaire…
1. 360:
Le feedback est crutial dans le manegement, tout aussi crutial le fait qu’il soit honete et de tout bord. Les feedback en 360 (ou 360 tout simplement) sont des collections de feedback sur soit de personnes au dessus de soit, autour et des collegues. Instaure dans des boites, ils sont automatises pour eviter le “kick up and kick down”, en d’autre terme lecher le cul des boss et botter le cul de ceux sous ses ordres.
Utilisee a des fins personnelles telle que je les ai fais, elles sont un excelent outil pour savoir si vous etes efficace et ce qu’il faut pour s’ameliorer.
Quelques regles simple pour un bon feedback 360. Avoir quelqu’un de percu comme neutre faire la collection des feedback pour retirer les noms. L’important ici etant de clairement afficher que vous etes interesse dans le feedback et non les personnes qui le donnent. Cela permet un retour de meilleur qualite, mais depend evidemment de qui collecte, il faut qu’il sache ecouter sans juger pour que les autres soient honetes. Essayer aussi de collecter des exemple pour comprendre mieux les situations a probleme ou celles ou vous etes bon.
Si trouver une personne externe n’est pas possible alors les regles de feedback s’appliquent a savoir accepter le fait que ce soit un feedback et cherchez pas a vous defendre, encourager plutot l’autre personne a poursuivre sans essayer de se justifier. Le feedback n’en sera que de meilleur qualite.
Une fois par an semble une bonne moyenne.
Type analysis:
SWOT (strengh/weakness/opportunities/threats) matrix
- Myers & Briggs: TODO
- TODO Circle Kevin draw me
Problem solving:
- TODO Circle of resolution from Tony
Developement:
- TODO Matrix from Olivier
Livres que je recommande sur le sujet:
- L’incontrounable Peopleware
- 7 habitudes pour etre efficace dans la vie
- Getting to Yes
pour savoir ce que c’est que negocier (et non ce n’est pas entuber l’autre
)
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